Le Prix Goncourt 2003
La
Maîtresse de Brecht
de Jacques-Pierre Amette
Présentation
de l'éditeur
«
Brecht viendra vous chercher le soir dans votre loge, vous n'avez qu'à
lui ouvrir la porte... Parfois vous devez l'écouter, parfois
lui poser quelques questions. Vous savez qu'en face, les Américains
c'est la guerre, de nouveau, qu'ils préparent. On veut savoir
qui il est. Autant de temps passé en Californie... Il a quitté
l'Allemagne depuis si longtemps... Sa place est si importante, sa grandeur
spirituelle est-elle au niveau de la tâche que nous lui confions,
c'est ce que nous voulons savoir, Maria. »
Dans le Berlin-Est de l'après-guerre, la rencontre de Bertolt
Brecht, de retour d'exil, et d'une jeune comédienne, agent de
la Stasi. Le fascinant portrait de deux personnages pris en étau
dans l'atmosphère saisissante de la guerre froide.
L'auteur
vu par l'éditeur
Jacques-Pierre
Amette est né en 1943, romancier et auteur dramatique, il est
critique littéraire au Point.
La
petite histoire du prix...
Mardi
7 octobre dernier, le jury Goncourt avait rendu publique sa deuxième
sélection en vue du prix décerné le 3 novembre.
La voici :
La maîtresse de Brecht de Jacques-Pierre Amette
chez Albin Michel
Farrago de Yann Apperry chez Grasset
Windows on the World de Frédéric Beigbeder
chez Grasset
Les âmes grises de Philippe Claudel chez Stock
Dans la guerre de Alice Ferney chez Actes Sud
Le complexe de Di de Dai Sijie chez Gallimard
La
troisième et ultime sélection devait être annoncée
le 21 octobre 2003. Mais, surprise, c'est directement le centième
prix qui est proclamé !
Le premier concerné croit à une blague lorsqu'on le lui
annonce, mais non ! Jacques-Pierre Amette a bien été
élu au 5e tour de scrutin par 7 voix contre 2 pour Frédéric
Beigbeder.
Alors, pourquoi tant de précipitation ?
Explication
L 'académie a préféré rendre son verdict
plus tôt afin que " l'écrivain bénéficiaire
de cette distinction exceptionnelle ne soit peut-être pas, à
cause d'un ordre de dates et d'alternance, notre préféré
parce que ce dernier aurait déjà été choisi
par un autre jury ".
Il est vrai que La Maîtresse de Brecht figure également
dans la sélection de l'Académie française pour
son Grand Prix et dans celle du Prix Interallié...
Cette proclamation aussi subite qu'inattendue fait donc couler beaucoup
d'encre !
Les réactions :
revue de presse
Tout le monde en parle !
Les
coulisses d'un prix à sensation (Le Figaro)
" On
oubliera ces péripéties en faveur de l'essentiel :
une fois n'étant pas coutume, le prix Goncourt couronne un véritable
romancier. Rendez-vous au siècle prochain pour le même
bonheur. "
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Le
Goncourt décerné à Jacques-Pierre Amette (RTBF)
" Dans
le roman primé, il invente une amante supplémentaire à
un homme qui n'en a pas manqué, le dramaturge Bertolt Brecht
(1898-1956). Ce roman, au style sobre, qui se passe en partie dans les
coulisses du célèbre Berliner Ensemble, est une réflexion
sur les dernières années d'un homme exceptionnel qui a
été sympathisant communiste et a perdu beaucoup de ses
illusions. "
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Amette
ou le devoir d'exactitude (Le Soir)
" Jacques-Pierre
Amette est romancier, dramaturge et critique littéraire. Son
art est fait de précision et de subtilité. Le roman primé
évoque Brecht. "
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Goncourt :
Amette dans la lumière de Brecht (Le Figaro)
" Les
Goncourt fêtent donc leur centenaire en récompensant un
écrivain confirmé, auteur de dix-huit romans, de deux
essais et de plusieurs pièces de théâtre. "
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Le
Goncourt prend tout le monde de vitesse et couronne Jacques-Pierre Amette
(TV5)
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Coup
fourré au pays des Goncourt (Libération)
« Nous prenons un peu les gens par surprise, a déclaré
la présidente du Goncourt, Edmonde Charles-Roux, à l'AFP.
Nous avons voulu être les premiers à choisir, étant
donné l'intérêt que témoignent quantité
de grandes entreprises françaises à ce prix. Nous avons
souhaité ne pas être les derniers, ce qui aurait été
le cas si nous ne l'avions pas avancé. Nous voulions être
très libres de choisir parmi les très nombreux livres
de la rentrée. »
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Remise
surprise du Prix Goncourt (Canoë)
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Vase
clos (Libération)
" On
a beau se dire que le coup fourré des Goncourt d'hier appartient
au folklore local, relève du rite annuel, on attendait anniversaire
plus flamboyant ! "
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Le
Goncourt prend tout le monde de vitesse (L'Union)
" Au nom du jury Femina, Régine Deforges a qualifié
l'attitude du Goncourt d'« affligeante ». « C'est
menteries et compagnie », a-t-elle déclaré.
Nous avons toujours respecté cet accord et ce n'est pas
le cas des Goncourt... "
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Prix
littéraires : Toujours le billard à trois bandes
(Libération)
" Régine
Deforges, présidente du jury Femina, était, elle, tout
à fait mécontente. Elle a déclaré à
l'AFP que l'attitude du jury Goncourt était «affligeante».
«Ce sont des gens qui manquent de parole, qui n'ont aucun souci
de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas, qui, en plus, se réunissent
à la sauvette», a ajouté l'auteur de la Bicyclette
bleue. "
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Principales
réactions... (Le Nouvel Observateur)
Jacques-Pierre
Amette, nouveau prix Goncourt : " C'est mon journal, Le Point,
où je travaille qui a reçu la dépêche de
l'AFP sur son écran, c'est ma documentaliste qui m'a dit ça.
J'ai blagué, j'ai dit : écoute, arrête de déconner,
il y a toujours des gens qui s'amusent à faire des blagues, ça
doit en être une. (
) J'ai attendu que mon éditeur
m'appelle, ce qu'il a fait " quelques instants plus tard.
" Tout le monde tombe des nues, c'est marrant. (
) Les
Goncourt ont toujours manifesté une certaine indépendance
d'esprit. Ils aiment surprendre, je crois qu'ils l'ont déjà
fait dans le passé ". (Paris, le 21 octobre)
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Les Goncourt surprendront toujours ! (Le Soir)
" Raison
de cette manuvre ? Il se murmure que l'Académie s'apprêtait
à couronner Amette et que les Goncourt, en cette année
de leur centenaire, n'avaient aucune envie de se faire déposséder
de leur favori. "
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À
savoir (Libération)
Créé
en 1903, le Goncourt a été décerné pour
la première fois en décembre 1903, à John-Antoine
Nau. Le créateur du prix, Edmond de Goncourt, souhaitait dans
son testament qu'il soit donné « à la jeunesse,
à l'originalité du talent, aux tentatives nouvelles et
hardies de la pensée et de la forme ».
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Les
caprices de la guerre froide pour un Goncourt morose. Déprimant.
(aVoir aLire)
" L'Académie
Goncourt vient de faire son choix, celui de la grisaille. "
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Comment
se planter dans le décor distancié de la RDA (Libération)
" On
sent dans l'ouvrage de cet admirateur de Brecht, qui voyagea beaucoup
en RDA dans les années 60-70, l'écho d'un mécontentement
à l'égard d'un petit milieu qui, jusqu'à hier,
ne l'avait guère distingué. "
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